
Suite à l’organisation de conférences en novembre 2025, le Cnesco publie un dossier qui contient 33 leviers pour améliorer le métier d’enseignant.
Un métier transformé en mal de reconnaissance
Dans les enquêtes en France, la majorité des personnels exprime sa satisfaction d’enseigner et son engagement. Néanmoins, le métier souffre d’une reconnaissance sociale et institutionnelle parmi les plus faibles de l’OCDE. Le travail des enseignants est de plus en plus intense, complexe tout en restant largement invisible. L’absence de reconnaissance et de perspectives est souvent évoquée.
Régulièrement, la formation initiale est mise en cause et réformée. Elle « prépare encore imparfaitement à certaines dimensions clés du métier, comme la diversité des élèves, la gestion de classe, les relations avec les familles”.
Du dossier de synthèse du Cnesco, nous avons dégagé trois axes de réflexion qui nous semblent aller dans le bon sens.
La promotion du travail en équipe
S’agissant du travail en équipe, s’il existe dans les établissements, celui‑ci “demeure souvent limité et informel” et “repose sur des relations choisies entre collègues plutôt que sur des dispositifs collectifs organisés par l’institution”.
Il apparaît indispensable de formaliser des espaces de pilotage partagé, ce qui sous-entend d’associer les enseignants à la définition des priorités du projet d’établissement.
Le Cnesco propose d’Intégrer dans les obligations réglementaires de service “des temps collaboratifs réguliers et identifiés, distincts du face‑à‑face avec les élèves, afin de dégager un temps reconnu pour la concertation, la formation continue et la collaboration professionnelle”.
Cette dimension a été imposée aux écoles il y a plus de trente ans avec la mise en place des temps de concertation pédagogique, dispositif qui n’a pas son équivalent en second degré. A l’époque, cette réforme avait été accompagnée de formations au travail collectif. Nous constatons malheureusement un repli dans ce domaine. Il est plus qu’urgent de le relancer et de l’étendre.
La révision des dispositifs d’inclusion scolaire
Trop souvent résumée à des promesses d’accompagnement et à des tentatives de recrutement d’AESH, l’inclusion scolaire est devenu un vrai sujet dans les établissements. Un sujet qui tend vers une remise en cause de sa pertinence, faute de déploiement et de diversification. Si l’école doit accueillir, elle ne doit pas laisser l’enseignant seul face à des difficultés insurmontables sans lui fournir de moyens.
Le Cnesco souhaite que soient encouragés le co‑enseignement et la co‑intervention “en les intégrant dans le service des enseignants volontaires ‑ incluant la collaboration entre enseignants ordinaires et enseignants spécialisés ‑ et en reconnaissant le temps de concertation associé, y compris hors temps de classe, afin de mieux répartir la charge liée à la gestion de la diversité des élèves et à l’inclusion scolaire”.
Il est évident que les pratiques des réseaux d’aide doivent évoluer pour répondre à l’accueil des élèves. Cela semble plus important que les incessants changements de gestion des AESH.
La baisse démographique est probablement une aubaine pour explorer de nouvelles pistes, à condition de ne pas supprimer autant de moyens.
La visibilité du métier et l’évolution de carrière
Tout le monde sait qu’enseigner ne se limite pas aux heures de classe. Mais personne ne le voit. La visibilité passe par une reconnaissance de l’ensemble des activités enseignantes au‑delà du face‑à‑face pédagogique, “en permettant leur notification et leur documentation dans les outils de suivi de parcours professionnels, en les intégrant dans les entretiens professionnels, et en permettant d’assurer des missions complémentaires en décharge horaire, dans le cadre d’une concertation au sein de l’établissement ».
Cette nouvelle prise en compte est un élément essentiel pour bâtir une carrière qui à l’heure actuelle ne laisse que peu de perspectives. Il faut repenser l’organisation du service d’un enseignant qui a forcément des compétences qui évoluent de son entrée dans le métier à sa fin de carrière. A part le tutorat, aucun dispositif ne permet la transmission des compétences professionnelles. Rien ne favorise des transitions entre les différentes étapes d’une carrière.
L’Enseignement catholique vante souvent sa capacité à innover. Les quelques chantiers précités peuvent l’inspirer.
